Patrimoines en tension : inventions, circulations, aliénations, réappropriations et effacements (XVIIIe–XXIe siècles)

Porteuses : Svetlana GORSHENINA et Luba JURGENSON

Cet axe porte sur les formes complexes et changeantes du patrimoine, matériel et immatériel, dans un espace s’étendant de l’Europe centrale à l’Asie centrale, du XVIIIe au XXIe siècle. Ancré dans les débats contemporains sur les patrimoine problématiques – issus des guerres, déplacements forcés, massacres et génocides, ainsi que des héritages coloniaux –, il s’inscrit pour les cinq années à venir dans le cadre du projet ANR SPHINX et du projet IEA MusCirc, sans toutefois s’y limiter.

Il s’intéresse aux processus de création, de transformation, de circulation, d’aliénation et de réaffectation des patrimoines — qu’il s’agisse d’architecture, d’objets artistiques, de lieux naturels ou urbanisés, de traditions culinaires ou musicales. L’accent est mis sur la plasticité du patrimoine : sa capacité à être constamment réinterprété par des acteurs politiques, des institutions culturelles ou des individus, et à servir des usages idéologiques, identitaires ou mémoriels parfois contradictoires.

En mobilisant les approches des Critical Heritage Studies et des Memory Studies, cet axe entend analyser la façon dont le patrimoine devient à la fois un terrain de luttes symboliques et un espace de création et de réinvention historique.

Il examine également les formes de violence patrimoniale, notamment à travers des politiques de restauration contestables, les enjeux d’authenticité, les interprétations muséales biaisées ou encore les omissions délibérées.

Dans ce cadre, il est également prévu de créer nos propres objets patrimoniaux (films, expositions, bases de données, interviews), en lien direct avec les problématiques abordées par l’axe.